Paris


Paris (2008) IMDb

Paris represente ici le titre d’une comédie DRAMATIQUE (et romantique) française de Cédric Klapisch (réalisateur et scénariste) que je présenterai un peu comme l’équivalent du réalisateur italien Paolo Virzì . Ils ont très bien commencé dans la comédie (romance) et s’essayent un peu à d’autre genres avec +/- de succès. Physiquement ils se ressemblent un peu avec deux cranes lisses.  😀

Le casting est très riche en célébrités françaises avec Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, François Cluzet, Karin Viard, Gilles Lellouche et Zinedine Soualem. il y a plusieurs histoires dans ce film mais elles sont mélangées et imbriqués comme une saga à la manière d’un Claude Lelouch. Je vous dis tout de suite que ce film ne m’a pas enchanté mais m’inspire plusieurs idées et commentaires d’où cet article.

C’est d’ailleurs souvent le cas avec un film qui a plusieurs erreurs volontaires pour stimuler le rire ou involontaire. Comment faire la différence? Quand le ton est manifestement dramatique, il parait plus probable que l’erreur soit involontaire. Je pense que je vais archiver la partie vidéo avec Fabrice Luchini qui est dans le film un historien spécialiste de Paris qui va participer à un documentaire « grand public » sur Paris. Cette histoire-ci est plutôt drôle et la plus intéressante selon moi. Elle justifie partiellement le titre avec plusieurs magnifiques panorama et vue de Paris. Je ne sais pas si ce le choix du titre n’est pas aussi de l’ironie pour se moquer des documentaires d’1h30 qui se nomment prétentieusement « Paris » ou « Londres ». En tous cas, les histoires du film se passent à Paris mais donnent une image très parcellaire de Paris équivalent à un documentaire de 15 min pour les monuments et 30 min pour les parisiens.

Romain Duris est un peu l’acteur fétiche de Cédric Klapisch. Depuis l’Auberge Espagnole (2002) on le retrouve souvent. Ce n’est pas encore un très bon acteur mais son jeu m’a bien fait voir que le cinéma « c’est du cinéma » doublement . Je m’explique. L’histoire est romancé, inventé mais même si le scénario était issu très fidèlement d’une histoire vraie, il y a l’interpretation et caractère des acteurs. Avec un excellent acteur, on le sent un peu moins mais on reconnait bien son caractère au fil des films avec un peu de perspicacité psychologique. Romain Duris surjoue un peu son rôle avec ses moments de tristesse et celle de plaisir assez marqués. Le jeu sonne légèrement faux et le scénario n’est pas très crédible avec certains détails. Enfin disons que c’est pas tres representatif d’un comportement d’une personne dans sa situation mais tout est possible ou presque avec les divers personnalités. Dans un roman, notre imagination des personnages peut arranger les choses pour rendre l’histoire plus crédible à nos sens que la version que l’auteur avait exprimé et sans doute imaginé. A noter que la tentative est ambitieuse et louable même si le résultat est moyen et difficilement conciliable avec une comédie même dramatique.

Les nouveaux monstres en Version Française

Juliette Binoche en assistante sociale et sœur de Romain Duris dans le film, sert un peu de lien entre les différentes histoires. Elle joue comme souvent très bien son rôle mais à sa manière. Ma phrase peut paraitre un peu contradictoire mais je veux indiquer que son jeu est cohérent même si on percoit son caractère d’acteur. Elle ne surjoue pas. Fabrice Luchini lui a un jeu plus « théâtral » mais qui reste lui aussi cohérent ou dit autrement il a un jeu haut en couleur mais qui reste malgré tout convaincant et crédible. Il joue l’intellectuel parisien intelligent qui essaye de rester « rationnel » malgré ses angoisses et sa consultation d’un psychologue interprété superbement par Maurice Bénichou dans une scène courte mais excellente ! Son personnage sent le risque de devenir un « rat » de bibliothèque, un intellectuel +/- coupé des réalités terrestres obsédés par ses recherches en voyant son ancien professeur de thèse. Cette histoire (avec la boulangère) pourrait être dans I nuovi mostri III « made in France ». Il va tomber amoureux d’une de ses étudiantes tres jolie extérieurement mais qui va s’avérer être un monstre à l’intérieur de la manière dont elle va rompre apres avoir joué avec lui. Lui-même avait d’ailleurs un peu joué maladroitement avec elle en lui envoyant des SMS anonymes d’extrait de texte de Baudelaire assez ambigu et « pervers » dans ce contexte-ci.

Toujours sur le thème des monstres, les collègues de travail de Juliette Binoche, qui je le rappelle interprete une assistance sociale,  se montrent particulièrement odieuses quand elles apprennent qu’elle veut « un peu de temps à elle » sans préciser que c’est pour s’occuper de son frère malade. C’est malheureusement assez authentiquement parisien pour qui a vécu dans cette ville. Et puis les films parisiens participent à cette mauvaise réputation. Une autre comédie française de Josiane Balasko, Cliente avec Nathalie Baye, montre bien aussi ce genre de communication franche, maladroite et blessante qui fait l’orgueil et la fierté de ces handicapés parisiens : genre on est pas hypocrite, on vous balance tout au visage mais on peut s’excuser ensuite. 😆 Cette comédie au passage me montre que ces célébrité$ ont petit à petit des sujets qui s’éloignent des problemes de la masse comme l’indiquait adroitement Patrick Timsit dans un sketch de son dernier spectacle 2008. Il s’est tres bien dépeint en monstre divorcé aveugle et insensible des problèmes de son ex et habitant Neuilly. Dans une petite hisoire issu de Paris, Karin Viard interprete une patronne de boulangerie qui s’avère être un monstre avec ses employés stagiaires tout en étant souriante avec ses clients  : son jeu est assez drôle et cocasse mais ca devient sur la durée un peu génant et lourd volontairement. Gilles Lellouche se comporte comme un monstre prolétaire avec une plaisanterie douteuse qui dure dans un bar et finit par faire pleurer sa « complice ». Comme un bébé, la ‘victime’ passe du rire au pleur en un instant ou presque. Ca me rapelle une vidéo avec l’expression des spectateurs du lancement de la navette spatiale, sans doute de la famille des astronautes, qui apres le décollaga réussi Yeah!! à exploser dans les airs. Un contraste saisissant à voir et qui m’a marqué. Les medecins-monstres qui annoncent directement la maladie grâve à Romain Duris qui celui-ci veut le dire également tres directement à ses petites nieces et neveux. Ce thème peut rappeler un peu Les invasions barbares que Kaplisch a du voir. Ce qui est dommage c’est qu’une fois l’analyse posée on ne trouve pas de solution ou d’exemple à suivre, un peu à l’image du psychanalyste qui montre les blessures à Luchini mais ne fait rien vraiment d’autre utiles à part lui témoigner une écoute attentive. Ce n’est pas inutile loin de là mais sans doute qu’ils (réalisateur, psy) n’ont eux-même aucune solution pour leur propre vie et ils vivent financièrement du malaise des autres en leur montrant ou en les divertissants. De toute façon, même quand on conseille bien les gens, il y a des zones de résistance qui les empechent d’en profiter pleinement que ca s’appelle inconscient, égo, orgueil ou faible intelligence émotionnelle et/ou cognitive. Avec le temps et l’expérience, c’est facile de devenir cynique, fataliste et plus égoiste en se moquant des discours politiquement correcte et officiellement altruiste. Ça reste touchant et amusant quand c’est pas trop accompagné de snobisme et de « gauche caviar ». Comme Woody Allen, il a compris certaines choses de la comédie par rapport au drame mais c’est encore loin d’être un très bon psychologue et philosophe.  De toute façon même s’il l’était le format cinématographique avec les exigences financières de popularité et de bilan d’exploitation ne permettent ni n’encouragent d’aller trop loin non plus.

Malaise et actualité française présente indirectement dans les films français

A travers ce film et d’autres d’auteurs français, on peut sentir un malaise. Comme expatrié français au Canada, j’en connais un peu les causes, les origines et les éléments de l’actualité française qui renforcent et prolongent cette crise multiple. J’ai davantage de recul que tout ces auteurs dedans malgré qu’ils voyagent à l’étranger. Vivre et juste voyager à l’étranger ce n’est pas la même chose. Le voyage c’est plus superficiel mais ca demeure plus enrichissant que de rester dans son quartier et devant son petit écran de TV nationale.

Voilà en vrac mes idées.  Même si le propos sous-jacent du scénariste et réalisateur ne correspond pas complètement à votre analyse et vision des choses ce film peut inspirer plusieurs réflexions assez intéressantes comme ça été mon cas. Une prise de conscience ou un rappel qu’on aimerait parfois sur des choses plus positives et surtout plus constructives.

note : 5 /10 pour l’ensemble du film avec 7/10 pour l’histoire avec l’interpretation de Fabrice Luchini et le sketch avec Karine Viard.

Voici la bande annonce du film. Regardez les sous-titres anglais pour apprécier la qualité de la traduction. 😆

Cédric Klapisch – Le Rendez-Vous des Européens

Oui il y a certaines similitudes entre les réalisateurs italiens et français mais je reconnais le snobisme parisien et une forme de condescendance légerement présente chez ce réalisateur aussi bien dans son interview que dans sa façon de filmer l’Afrique et la mettre en paralléle avec le luxe parisien. C’est révélateur d’un etat d’esprit qui me fait sourire sans que ca soit voulu par ce réalisateur parisien. Drôle parfois sans le savoir et le vouloir.

2 commentaires sur “Paris

  1. Bonjour et merci d’être venu sur mon blog, d’autant plus que ca me permet de connaître le vôtre. Je ne connais pas aussi bien que vous le cinéma italien, alors ça m’intéresse.

    Vous avez lu mon texte sur Paris alors vous savez ce que j’en pense… J’ai vu ce film quelques semaines seulement après être arrivé à Paris pour la première fois. Mon regard dans ce texte est donc plutôt celui d’un provincial. J’ai revu le film récemment alors que je n’ai plus quitter paris depuis et que je me suis intégré à cette ville. Je trouve le film encore meilleur que la première fois que je l’ai vu et je ne suis pas du tout d’accord avec cette impression d’un Paris carte-postale. Ce film est pour moi un beau mélo, à la fois sensible et cruel mais jamais creux.
    Le titre du film est peut-être un peu prétentieux mais le film en lui même m’intéresse beaucoup. Il est certain que ce film correspond à une image bourgeoise de Paris, a un certain état d’esprit parisien mais le film recèle à mes yeux bien des qualités.

    J’ai répondu à votre commentaire sur L’âge des ténèbres sur mon blog.

    Cordialement,
    Benoît

  2. Bienvenue sur mon site. 🙂
    J’ai spécialisé sur la comédie italienne mais ma culture cinématographique est bien plus large. D’ailleurs je fais parfois des exceptions pour des raisons diverses et variées.

    J’ai vécu 20 ans à Paris. Je suis d’accord les thèmes abordés sont très intéressant mais la réalisation ne me semble malheureusement pas toujours à la hauteur de ce projet ambitieux. Reste qu’il faut saluer le défi. Je pense que les mauvaises notes des critiques « pro » sur AlloCiné doivent indiquer cette déception vu les enjeux et thèmes sérieux du film.

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