Vedo nudo


Vedo nudo (1969, 114 min)
VF: Une poule, un train… et quelques monstres

réalisateur: Dino Risi
scenaristes: Fabio Carpi, Jaja Fiastri, Ruggero Maccari, Dino Risi et Bernardino Zapponi
compositeur: Armando Trovajoli

acteurs:  Nino Manfredi … Cacopardo / Angelo Perfili / Ercole / le voyeur / réparateur du téléphone / Maurizio / Nanni
Sylva Koscina … la Diva
Enrico Maria Salerno … Carlo Alberto Rinaldo

synopsis: 1/La Diva – L’actrice Sylva Koscina recueille un blessé grave qu’elle porte à l’hôpital le plus proche. Là, les médecins et les infirmiers lui portent une telle attention qu’ils en oublient le blessé et le laissent mourir. 2/Audience à huis clos – Un paysan demeuré passe en jugement pour avoir violé une poule. Le tribunal l’acquitte mais l’oblige à payer des dommages et intérêts aux propriétaires du gallinacé qui, traumatisé, ne pond plus. 3/Ornella – Ercole est un jeune employé de poste timide et homosexuel qui entretient une correspondance, sous le pseudonyme d’Ornella, avec Carlo Rinaldo. Quand celui-ci, en visite à Rome, décide de venir faire la connaissance d’Ornella, Ercole se fait alors passer pour le frère d’Ornella. Mais, Carlo découvre peu à peu la vérité, et l’accepte. 4/Le voyeur – Un culturiste myope croyant observer une jeune fille qui s’est déshabillée devant une fenêtre qui fait face à la sienne découvre que c’est en fait son propre corps qui se reflète dans un jeu de miroirs. 5/La dernière vierge – Manuela, une petite oie blanche provinciale, prend un réparateur de téléphone pour le maniaque sexuel dont on parle à la radio et se donne à lui pour avoir la vie sauve. 6/Locomotive chérie – Nino, traumatisé par les bombardements durant la guerre, abandonne chaque soir sa très belle femme pour aller se coucher entre les rails et jouir quand passe au-dessus de lui, à pleine vitesse, le Paris-Rome. 7/Je vois nu – Le directeur d’une agence publicitaire est atteint d’une maladie singulière : il voit nues toutes les femmes qu’il rencontre. Après avoir suivi un traitement dans une clinique psychiatrique suisse, il reprend ses fonctions, guéri et il s’aperçoit que ce sont les hommes que maintenant il voit nus. (résumé plus complet)

note: 7 /10

Dino Risi nous montre une société italienne qui se lance à corps perdu dans l’exploitation du sexe, alors  que les interdits religieux demeurent persistants.

Ce classique est sorti seulement en août 2011 dans les salles françaises ! Mieux vaut tard que jamais mais vous comprenez maintenant pourquoi je vous conseille de maîtriser l’italien pour mieux accéder aux trésors de la comédie italienne.

Le titre italien reprend le nom du dernier sketch. Le titre français illustre mieux la diversité des sujets de cette comédie a sketchs. mais comme vous pouvez le constater il n’a rien a voir avec le titre original italien. Ce qui peux rendre la discussion délicate entre un cinéphile italien et français.

Avec cette sortie française, vous pouvez trouver plusieurs critiques francophones sir Internet dont un extrait de J-F.Rauger paru dans Le Monde :

Refoulement et déviations caractérisent les différentes situations d’une farce cinématographique qui, par ailleurs, profite d’un évident relâchement de la censure pour glisser divers plans dénudés et situations scabreuses. Une poule, un train et quelques monstres, au rythme de ses sketches hilarants, décrit un univers où la répression côtoie l’extase, où le débordement est sans cesse menacé de coercition, où le manque encourage toutes sortes de déviances.

Nino Manfredi propose le portrait, en plusieurs états, d’un mâle italien décontenancé par l’évolution de la société italienne. Car c’est bien là-dessus que repose la force comique du film de Dino Risi, qui fut l’un des grands observateurs des moeurs de son temps, sur la contradiction entre un monde engoncé dans ses archaïsmes (l’Italie de la Démocratie chrétienne) et les bouleversements d’une modernité particulièrement vulgaire, introduite à marche forcée. Tout comme le film constitue une satire à la fois pop et primitive, c’est-à-dire ironique et clownesque, d’un monde en pleine transformation.

On pourrait faire ce discours de nos jours sur les contradictions de la société américaine qui peut par exemple condamner davantage un violeur (DSK risquait 75 ans de prison pour une fellation supposé non consentie) qu’un assassin. Une société qui semble aussi puritaine et coince dans ces archaïsmes que l’Italie des années 50. Et la France avec certains féministes semble la rejoindre progressivement. Misère humaine.

Voici un autre extrait d’article

Si les sept sketchs proposés ne sont pas d’égale qualité, le film vaut bien plus que la somme de ses parties et finit par donner l’image pertinente d’une société en pleine contradiction. D’un côté, les médias ne cessent de vendre du sexe facile à l’ensemble d’une population machiste (cela est démontré avec force dans les premier et dernier segments), mais de l’autre, le moindre écart vis-à-vis de la norme est inlassablement condamné. Ainsi, Dino Risi signe quelques beaux portraits de personnages marginalisés par leurs goûts sexuels : du zoophile qui convole en juste noce avec une poule au fétichiste des trains en passant par le voyeur pris à son propre piège, Risi se moque des travers de ses contemporains sans jamais les condamner. D’ailleurs, le plus beau segment sobrement intitulé Ornella évoque avec une réelle tendresse le cas de l’homosexualité, encore dissimulée sous peine d’être rejeté par une société patriarcale intolérante. Le talent de Nino Manfredi explose dans ce long segment particulièrement touchant où il incarne avec une grande sensibilité un agent des postes nommé Hercule (symbole masculin par excellence) qui se travestit une fois rentré chez lui et devient la solitaire Ornella. Obligé de vivre dans le mensonge et la dissimulation, ce très beau personnage finira par rencontrer l’âme sœur dans une dernière séquence très émouvante qui démontre l’extrême sensibilité de Dino Risi. Assurément le point fort de ce joli film inégal, Ornella est un petit bijou qui vaut à lui tout seul le déplacement.

Que puis je ajouter ?
Nino Manfredi nous livre une excellente performance d’acteur.

Voici deux extraits en VO :

1. La Diva avec Sylva Koscina

3. Ornella

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