A cavallo della tigre


A cavallo della tigre (1961)
vf: A Cheval sur le tigre (1976)

réalisateur: Luigi Comencini
scénaristes: Luigi Comencini, Mario Monicelli,Age & Scarpelli
musique: Piero Umiliani

Nino Manfredi: Giacinto Rossi
Mario Adorf: Tagliabue
Gian Maria Volonté: Papaleo
Raymond Bussières: La souris

synopsis: Giacinto Rosi, un brave type pas très malin, se retrouve en prison pour un délit mineur. Là, on lui avait confie le poste-infirmier, ce qui lui convient bien. Il a presque purgé sa peine lorsque trois dangereux détenus, deux véritables bandits et un criminel, par jalousie, l’obligent à fournir quelques accessoires, auxquels il avait accès, et le rendent complice de son évasion. Il passe même pour en être l’instigateur et il est activement recherché par la police. A près une cavale de plusieurs jour où deux évadés trouvent la mort, Giacinto arrive chez lui. Un homme a pris sa place aurprès de sa femme et a pris soin des enfants. C’est un chômeur. Pour leur éviter la misère et afin qu’ils touchent la prime concernant sa capture, il se fait prendre et dénonce même son co-équipier d’évasion. Avant que ne s’ouvre son procès, il écrit maladroitement à son avocat.

note: 8+ /10

J’adore cette comedie italienne qui met en scène Nino Manfredi avec Gian Maria Volonte. A noter que Nino Manfredi y chante une chanson quand il est en prison. Ce film est récemment sorti en DVD en France (21 mai 2012) et vous trouverez sans doute tes articles de presse en français. A cheval sur le tigre (1961) n’a été distribué dans les salles françaises qu’en 1976 soit 15 ans après sa sortie en Italie. Attention il existe un film italien de 2002 avec le même titre qui est sans doute une version médiocre.

Je reproduis ici une critique française même si je ne partage pas complètement l’analyse car ça m’évite d’en rédiger une. 😉

Mario Monicelli et Luigi Comencini avaient chacun de leur côté contribué à la naissance de la commedia all’italiana, versant féroce et moderne de la comédie italienne qui trouveraient son âge d’or dans les années 60 et 70. Comencini même sans y inscrire la méchanceté de ses œuvres futures avait déjà amorcé la transformation du genre de son attachant diptyque Pain, amour et fantaisie/Pain amour et jalousie. Monicelli frappe lui un grand coup avec Le Pigeon où sujet social et tonalité néoréaliste sont dynamité par un humour dévastateur pour le plus consternant des films de casse.

Fort de ses succès, les deux amis décident de s’associer au célèbre duo de scénariste Age & Scarpelli pour créer leur propre société de production. A Cheval sur le tigre sera le premier film de cette société, les quatre compères en coécrivant le script. Cette tentative ne convainc pas totalement car voulant reproduire de manière trop visible et forcée le mix comédie/néoréalisme du Pigeon, et cela au détriment de l’intrigue et du genre dans lequel le film s’inscrit au départ, la comédie policière.

La première partie est pourtant génial, plongeant le héros Nino Manfredi trouillard et pas très futé plongé au milieu de bandits de grand chemin aux mines patibulaires. On rit de bon cœur plus d’une fois à le voir se faire intimider et se prendre régulièrement des raclées à chaque gaffe commise. Nino Manfredi apeuré et dépassé est excellent comme à son habitude et la présentation des truands l’entourant est des plus inventives, entre la brute épaisse Tagliabue (imposant Adorf), le fourbe La Souris et le fantasque Paliateo joué par Gian Maria Volonte. La scène d’ouverture qui voit le héros mettre en scène de manière lamentable sa fausse agression donne le ton quant à ses aptitudes criminelles et la façon dont il tombera de Charybde en Scylla tout au long du récit, jeté en prison puis associé à des voyous d’envergure.

Passé l’évasion (beaucoup trop tarabiscotée), le soufflé retombe malheureusement. Alors qu’on s’attend à voir Giacinto embarqué contre son gré dans le banditisme de grand chemin, le film perd de vue peu à peu tous les personnages géniaux introduit au départ et s’attarde plus que de raison sur la cavale erratique des évadés. Malgré quelques moments amusant (la petite fille kidnappée pour rien) on s’ennuie lors de longues descriptions de la misère paysanne qui ralentissent l’intrigue.

Le film souffre en fait de la période de sa conception, où il la comédie n’est pas encore totalement affranchie de l’esthétique néoréaliste et de l’obligation de délivrer un message sous les rires. Le Pigeon y parvenait brillamment car le sujet s’y prêtait, tout comme des réussites plus précoces des années 50 comme Dommage que tu sois une canaille qui associait ton social et comédie romantique.

Là où l’on aurait s’annonçait un tordant détournement de polar, A cheval sur le tigre propose un entre deux où rien ne fonctionne vraiment, comique comme social. L’ultime retournement de situation et le misérabilisme bien poussé qui le précède confirmera cette impasse. Comencini rectifiera le tir avec les grandes réussites à venir plus équilibrées (L’Argent de la vieille, Mon dieu comme suis-je tombée si bas ?) tout comme Monicelli dès le suivant et mémorable La Grande Guerre.

(source: Cinéphile Stakhanoviste )

Sinon le site Comédie Italienne a 4 ans d’existence depuis mon hommage a Dino Risi.

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