Sedotta e abbandonata


Sedotta e abbandonata (1964 n/b 115 min)
VF: Séduite et abandonnée

réalisateur: Pietro Germi
scénaristes: Luciano Vincenzoni, Pietro Germi, Agenore Incrocci & Furio Scarpelli
compositeur: Carlo Rustichelli

AVEC Stefania Sandrelli :Agnese Ascalone
Saro Urzi : Don Vincenzo Ascalone
Aldo Puglisi : Peppino Califano
Leopoldo Trieste : Baron Rizieri Zappalà
Lando Buzzanca: Antonio Ascalone

synopsis: Peppino habite une petite ville de Sicile. Fiancé à Mathilde Ascalone, il abuse de Agnese, la sœur de Mathilde. Lorsque le père, Vincenzo Ascalone, apprend le déshonneur de sa fille qui maintenant attend un enfant de Peppino, il enferme la fautive et espère convaincre le coupable de réparer son erreur.

note:  7 /10

De tous les films que j’ai vus avec Stefania Sandrelli, celui-ci est certainement où elle est la plus belle, la plus sensuelle. Pourtant, le sujet et le cadre ne se prêtent guère à cet aspect. Elle joue une jeune fille séduite par le fiancé de sa sœur. Mais l’histoire se déroule dans une ville sicilienne et cela change tout. A cette époque et dans ce pays la question de l’honneur est centrale, plus importante que tout. L’individu y est écrasé par cette donnée fondamentale qui s’impose à tous.

Et le film décrit de manière très précise cette question d’honneur, cet enfermement social par lequel tous les membres d’une famille sont liés sans qu’ils aient la moindre possibilité de s’en défaire.


Police et Justice montrent leur impuissance, témoins de cet ordre des choses et incapables d’y donner une quelconque réponse. Les femmes sont les premières victimes de cette absurdité. Les enjeux de représentation font peser sur elles la plus grande part de culpabilité. C’est toujours d’elles que vient le déshonneur. Certes, parfois les hommes prennent un peu de leur part, mais quand ils sont jugés crétins ou cocus, les femmes finissent toujours pas être traitées de putains.

Germi décompose magnifiquement ces processus mentaux grâce à un scénario d’une rare lisibilité, d’une logique imparable. On est au bord de l’effet documentaire. Tous les éléments sont présents, clairs et nets, réalistes. Son art de la mise en scène est de très haute volée.


La direction d’acteurs permet à toute la troupe de créer des personnages crédibles. Si bien que la démarche des auteurs (Germi, Age & Scarpelli, etc.) est toujours parfaitement compréhensible. J’ai souvent cette image de l’artisan penché sur son minutieux labeur pour illustrer le sentiment d’avoir à faire avec un ouvrage finement exécuté, après un travail méticuleux par un professionnel compétent, rigoureux et sûr.

Il est par ailleurs fortement conseillé de voir ce film juste avant « Divorce à l’italienne », les deux films évoquant exactement le même problème sous deux angles totalement contraires. Mais revenons à la troupe de comédiens que s’est adjoint Pietro Germi car ils offrent des prestations tellement remarquables!

Saro Urzi est un comédien dont la tête ne peut pas vous être inconnue, vous l’avez vu dans maints films ; les Français le connaissent au moins pour l’avoir vu aux côtés de Peppone dans les Don Camillo. On le retrouve souvent dans les films de Germi. Mais c’est dans ce film que l’on peut mesurer l’étendue de son talent. Un comédien qui a du coffre et une réjouissante sureté dans les effets. Toujours très juste, il avait pourtant de nombreux écueils à surmonter en jouant ce père sicilien prompt à la colère et à l’emportement. Mais jamais il n’en fait trop. Funambule formidable!


Face à lui, celle qui m’a immédiatement poussé à évoquer son irradiante beauté d’entrée de jeu en entamant cette chronique : Stefania Sandrelli est tout bonnement sublissime.


Alors qu’elle porte les vêtements noirs et sévères d’une jeune sicilienne, sa démarche, son déhanchement, la finesse de ses jambes, la courbe de sa nuque, la douceur de son regard timide ou fiévreux sont incendiaires. Bomba. Ahurissante de sexualité, on peine à croire les réticences d’Aldo Puglisi à vouloir l’épouser. Ce dernier a également un visage connu (« La ragazza con la pistola », « Signore & signori », « Divorce à l’italienne », etc.). Il excelle ici à jouer le salopard fini.


On peut saluer aussi la présence de Leopoldo Trieste qu’on voit encore dans « Divorce à l’italienne ». Un acteur que j’aime beaucoup depuis que je l’ai découvert dans « Le Sheik blanc » de Fellini.

Pour connaître la culture sociale sicilienne, pour rencontrer d’excellents comédiens, pour prendre plaisir à « lire » cette histoire, pour Stefania Sandrelli, je vous recommande « Séduite et abandonnée ».

Bande annonce en VO (italien)

2 commentaires sur “Sedotta e abbandonata

  1. Oui une très bonne comedie italienne que je recommande aussi. 8 /10

    Pour ce qui est de l’honneur, on a un peu de difficulté de nos jours a comprendre cela mais cet aspect était présent aussi dans les vieux films et romans français.

    Merci Alligator pour tes belles photos et ton analyse.

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