L’Uomo in piu


l'uomo in piuL’Uomo In Piu (2001, 100min)

réalisateur et scénariste: Paolo Sorrentino
compositeur: Pasquale Catalano

Avec Toni Servillo … Antonio « Tony » Pisapia
Andrea Renzi … Antonio Pisapia
Nello Mascia … Il Molosso

Synopsis: Dans le Naples des années 80, Tony est un crooner en vogue, Antonio joueur de foot professionnel; l’un est arrogant et égocentrique, l’autre timide et naïf. Les deux hommes sont au sommet de leur gloire… mais leurs destins vont brutalement basculer et les précipiter vers une descente aux enfers où la chute de l’un résonnera comme la rédemption de l’autre…

note: 6 /10

Le 1er film de Paolo Sorrentino est sorti dans les salles françaises plus de 10 ans après sa sortie italienne.

Quand on regarde la première partie du film, on se demande bien ou veux en venir l’auteur avec ses deux personnages ayant le même nom et prénom. C’est un peu tire par les cheveux et l’histoire est en quelque sorte un exercice de style pas vraiment convaincante mais relativement captivante avec l’interprétation d’un bon acteur comme Toni Servillo et de voir les maux de la société italienne comme la drogue ou les matchs truques dans le football.

Plusieurs site français le classifie comme une comedie dramatique mais c’est plutôt a mon avis un drame, vu qu’on ne sourit pratiquement jamais.

Voici la critique de Thomas Sotinel dans Le Monde du 31.01.2012 :

En 2001, au mois de mai, Silvio Berlusconi revenait au pouvoir en Italie ; au mois de septembre, Paolo Sorrentino présentait son premier long métrage à Venise. L’uomo in piu ne sort qu’aujourd’hui dans les salles françaises, après que le Cavaliere a quitté, encore une fois, une fois pour toutes, le Quirinal. Ce rapprochement ciné-politique tient à la charge presque prophétique du film de Sorrentino. Depuis sa sortie, le cinéaste est devenu un habitué du Festival de Cannes, où il irrite régulièrement la critique, et l’on retrouve dans L’uomo in piu la tendance à la surcharge, le brio un peu ostentatoire de l’auteur de This Must Be The Place. Mais aussi une espèce de rage, une acuité politique, qui se sont diluées dans les films suivants.

Les héros de L’uomo in piu s’appellent Antonio Pisapia et vivent à Naples. Non, ce n’est pas une faute de frappe. Ils sont deux, parfaitement distincts qui partagent le même prénom, le même nom, la même ville en perpétuelle décomposition. Le premier Pisapia est un chanteur de variétés quadragénaire, il est interprété par Toni Servillo. Son répertoire artistique est fait de ces ballades italiennes composées pour que se pâment les dames de l’âge de l’interprète. Son répertoire privé va de l’abject au sordide : harcèlement de ses collaborateurs, consommation effrénée de cocaïne, coït impromptu dans la chambre de sa propre fille avec une adolescente plus jeune que cette dernière. Pour ce péché-là, Pisapia ne sera pas pardonné.

Son homonyme (Andrea Renzi) lui devra expier son intégrité. Parce qu’il se heurte à son entraîneur (dont le monologue, à l’ouverture du film, est un moment d’anthologie, d’ailleurs disponible sur You Tube), parce qu’il refuse de truquer un match, l’autre Pisapia est victime d’un accident à l’entraînement qui l’éloigne définitivement des terrains. Retiré chez lui, il rêve de devenir entraîneur, met au point un schéma de jeu qui révolutionnerait le calcio, et se heurte encore et encore à l’hostilité d’un système dont il ne trouve pas la clé.

Paolo Sorrentino fait se refléter ces deux solitudes. A force, les deux images se brouillent pour en produire une troisième, celle d’une Italie affolée par le mensonge, dans lequel il est impossible de se repérer. Les deux Pisapia finiront par se croiser, autour d’une émission de télé-réalité, expression ultime du tour de passe-passe qui transforme la vie en fiction de grande consommation.

Dans les minauderies du scénario qui laisse ouverte la possibilité que l’homonymie des deux hommes ne soit pas seulement une coïncidence, dans certains effets de mise en scène un peu appuyés, on devine déjà les pièges que Paolo Sorrentino se tendra plus tard à lui-même. Mais profitons de cette faille dans l’espace-temps pour découvrir un cinéaste immensément prometteur et pour croire qu’en 2001 comme en 1994, Silvio Berlusconi n’était pas là pour rester.

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