In nome del popolo italiano


In nome del popolo italiano (1971) VF: Au nom du peuple italienIn nome del popolo italiano (1971)
VF: Au nom du peuple italien (1975 et 2013)

réalisateur: Dino Risi
scénaristes: Age & Scarpelli
compositeur: Carlo Rustichelli

AVEC: Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman, Ely Galleani, Yvonne Furneaux, Michele Cimarosa, Renato Baldini…

SYNOPSIS : Rome début des années 1970, le juge Mariano Bonifazi achève un dossier immobilier par la destruction d’un immeuble inachevé, quand le dossier de Silvana Lazzorini, une jeune fille suicidée lui parvient. Après avoir reçu ses parents. Il est convaincu que Silvana Lazzorini vivait de ses charmes vendus à de riches industriels, parmi lesquels Lorenzo Santenocito un puissant industriel, pollueur de l’environnement, et grand corrupteur dont le passe temps favori, outre de tromper sa femme, est de prendre les jeunes auto-stoppeur à bord de sa Maserati et de les accabler en paroles pour leur fainéantise, leur idéal gauchiste et leur accoutrement de beatniks…

note: 7+ /10

On peut dire qu’avec ce film Dino Risi et ses deux magistraux scénaristes Agenore Incrocci et Furio Scarpelli font montre d’une vision prémonitoire incroyable. L’Italie berlusconienne est déjà disséquée avec ses grands capitaines de l’industrie et de la finance arrogants et tous puissants qui jouent au chat et à la souris avec la justice, une corruption généralisée, et un abrutissement des masses notamment avec le football.

In nome del popolo italiano nous permet d’entrevoir déjà les party’s qui finissent en Bunga-bunga, les montages financiers alambiqués qui facilitent les évasions fiscales, les finasseries juridiques pour échapper à une éventuelle justice, et aussi les futures opérations « mani pulite » et « tagentopoli » menées par les juges Antonio di Pietro e Gherardo Colombo.

Dino Risi et ses scénaristes, malins, font de cet arrogant personnage de Santenocito un innocent, et donnent à l’ultime scène du film une dimension politique et philosophique assez vertigineuse : Doit-on laisser courir un tel personnage qui se fout de l’Italie et des italiens et ne s’intéresse qu’à sa propre personne, corrompant tout ce qu’il touche? Doit-on l’arrêter par tous les moyens, même les moins reluisants?

Dino Risi embauche Vittorio Gassman « il mattatore » et Ugo Tognazzi  tous deux rois de la comédie à l’italienne qui avaient été brillantissimes dans I mostri (VF: Les Monstres) du même Dino Risi. Ugo Tognazzi joue un personnage un peu terne et peu exubérant ( ce qui est attendu de la part d’un juge d’instruction) en contraste avec celui grande gueule de Vittorio Gassman qui éructe des paroles alambiquées et absconses pour signifier son désaccord avec la justice. Son goût du déguisement est assouvi dans la scène de liesse après le match de football. Du grand Gassman!

Carlo Rustichelli signe une musique goguenarde basée sur un seul thème décliné en plusieurs orchestrations.

LA SCENE D’ANTHOLOGIE: La scène de liesse populaire après le match de football où des supporters dégénérés viennent exulter dans la rue, et qui permet au juge Bonifazi d’entrevoir une Italie peuplée de sans-gènes et de néo fascistes qui ont tous la tête de l’arrogant et insolent Lorenzo Santenocito.

Un commentaire sur “In nome del popolo italiano

  1. Merci Xavier.

    Plusieurs sites italiens indiquent comedie comme genre et personnellement vu la charge satirique et dramatique je préfère parler d’une comedie dramatique. Je m’attendais a une comedie et j’ai plutôt été déçu 6/10 avec une telle distribution d’acteurs et auteurs lors de mon 1er visionnement. Vous trouverez plusieurs critiques francophones de janvier 2013 qui coïncide avec la ressortie en salle du film en France.

    Article du Monde (janvier 2013)

    Une perle noire de la comédie italienne

    Réalisé en 1971, Au nom du peuple italien est un chef-d’oeuvre tout en constituant une forme limite de la grande comédie italienne. Rarement la bouffonnerie sociale, l’observation satirique, le carnavalesque réaliste n’avaient atteint ce degré où le rire s’étrangle dans la gorge.

    Ecrit par les vétérans Age et Scarpelli, le film de Dino Risi est construit sur l’affrontement entre un petit juge progressiste chargé d’une enquête sur la mort suspecte d’une prostituée et un industriel richissime et réactionnaire, corrupteur, pollueur, soupçonné d’en être l’auteur. C’est d’abord un duel entre deux acteurs d’exception, un combat épique entre Ugo Tognazzi (le juge) et Vittorio Gassman (l’industriel), alors véritables stars de la comédie transalpine, et dont le seul jeu détermine le rythme de la mise …

    sur Critikat:

    Parmi les idéologies qui ont gouverné la péninsule italienne, la seule que Dino Risi pourrait tolérer serait sans doute celle de l’ironie tragique : Au nom du peuple italien met face à face deux représentants des politiques dominantes (communisme versus libéralisme) pour montrer l’échec des raisonnements objectifs. Et se détourne du peuple, pour, finalement, le valoriser face à de bien piètres représentants. suite

    et sur destinationcine:

    La réédition de ce film a été saluée cette semaine par de nombreux médias : Le Monde, Libération, Télérama, Les Inrocks, Le Point, l’émission Le Cercle sur Canal +…etc… Pour Le Monde en date de mercredi «Au nom du peuple italien est un chef-d’œuvre» alors que Télérama exhorte ses lecteurs à «découvrir d’urgence cette fable cruelle». Pour les Inrocks, «Au nom du peuple italien est l’une des plus belles réussites de la comédie à l’italienne» et enfin Libération souligne que le film «occupe le haut du panier dans la production de Dino Risi (…) dans un jeu de massacre dont personne ne sort indemne».

    Il faut dire que ce film est assez méconnu dans la carrière de Dino Risi (Le fanfaron, Les monstres, Parfum de femme…) et n’a pas la place et la notoriété qu’il mérite au sein de la cinéphilie française. Pour la simple raison que le film fut très rarement montré en salles. Réalisé en 1971, il ne sortira que 4 ans plus tard en France. En pleine mode de la « comédie italienne » au milieu des années 70, tous les films du genre restés inédits pendant plusieurs années trouvent le chemin des salles. C’est le cas du film de Dino Risi qui sort le mercredi 19 février 1975 dans 3 salles parisiennes d’art et d’essai (sans passer parce qu’on appelait à l’époque les salles d’exclusivité). Le film est alors mal perçu et considéré en 1975 comme trop sarcastique. suite

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