Un château en Italie


un chateau en italie 2013 valeria bruni tedeschiUn château en Italie (2013)
VI: Un castello in Italia

realisateur: Valeria Bruni Tedeschi
scénaristes: Valeria Bruni Tedeschi, Agnès De Sacy et Noémie Lvovsky

Avec: Valeria Bruni Tedeschi … Louise
Louis Garrel … Nathan
Filippo Timi  … Ludovic
Marisa Bruni Tedeschi … La mère
André Wilms … André, le père de Nathan
Silvio Orlando … Le maire italien
Omar Sharif

synopsis: Louise rencontre Nathan, ses rêves resurgissent. C’est aussi l’histoire de son frère malade et de leur mère, d’un destin : celui d’une grande famille de la bourgeoisie industrielle italienne. L’histoire d’une famille qui se désagrège, d’un monde qui se termine et d’un amour qui commence.

note: 3+ /10

Ce film est sorti en salles en France et en Italie, il y a environ 3 mois. Vous trouverez par conséquent plusieurs critiques  françaises ou italiennes sur Internet et je cite juste un long extrait d’une critique française.

Pourquoi donc j’en parle aussi dans ce tintamarre médiatique habituel durant une sortie en salle ?
Pour deux raisons principales:
– premièrement je suis un quadragénaire franco-italien « en crise » comme Valeria Bruni Tedeschi et j’ai une certaine sympathie et proximité de pensée avec cette actrice et réalisatrice franco-italienne.
– deuxièmement ce film (que je n’ai pas encore vu au complet a part qq extraits) parle a travers la crise de ce personnage, d’une manière indirecte de la crise industrielle italienne et plus généralement européenne voir occidental. Ce mal être existentiel et le doute se retrouve dans le cinéma. Il s’intensifie progressivement depuis +20 ans et c’est relativement nouveau depuis les 30 glorieuses (= période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés) . Il y a toujours les comédies bouffonnes qui sont quasi-intemporelles et sans lien direct avec notre actualité sociale / économique / politique et puis ce genre de comedie dramatique qui parle d’un mal aise individuel qui peut être +/- emblématique de toute une population, de toute une société voir de tout un continent. Dans ce contexte, la portée dépasse le simple cas individuel et a un écho sociologique et révèle une crise profonde de nos sociétés.

Parmi les thèmes abordes, il y a aussi la crise de la quarantaine, la femme qui veut devenir mère, la maladie du Sida etc… Des thèmes assez galvaudé de nos jours mais produire un film coûte de plus en plus cher et il faut bien attirer le maximum de spectateurs et donc ratisser aussi large que possible pour espérer être rentable. C’est parfois un peu dommage cette variété de thèmes qui ne permet pas d’en approfondir vraiment aucun et on se retrouve a voir plusieurs films qui survolent tous ces thèmes la. Le film de cinéma qui coûte cher avec ses acteurs professionnel$, l’équipe technique et les frais de publicité se doit d’être très populaire pour demeurer rentable économiquement.

Comment se sortir collectivement de cette situation de crise financière, de maladie morale, sentimentale et physique ? La solution si elle existe ne se retrouvera certainement pas dans un film cinéma et les politiciens continueront longtemps de nous endormir avec la complicité des média de masse qui nous noient d’informations superficielles ou catastrophiques. A bien des égards, cette fourmilière humaine, qui s’agite en tout sens alors que « le château » s’effondre lentement mais sûrement, est assez cocasse si on pouvait prendre assez de hauteur / de recul mais difficile quand on est soi même en plein dans la galère financière ou la maladie…

Valeria Bruni-Tedeschi fait de sa vie son œuvre. L’entreprise cinématographique s’apparente chez elle à une psychanalyse, tant elle met à nu ses angoisses, ses névroses et sa culpabilité de riche héritière.

Mais, loin d’être la dilettante qu’elle campe avec brio dans Un château en Italie, Valeria Bruni Tedeschi s’affirme, de film en film, comme une magicienne qui transmute son vécu et son magma émotionnel pour donner naissance à des bijoux d’inventivité où l’intime se fait universel, où le rire nerveux conjure le malaise, où le surréalisme des dialogues met à distance la gravité des situations et l’embarras des personnages.

Ce film, sans doute le plus abouti de la cinéaste, est une sorte de féerie désenchantée où les vicissitudes de la vie de son personnage (Louise Rossi Levi, issu d’une famille de riches industriels italiens) – et Dieu sait que sa vie de quadragénaire est jalonnée de drames et d’interrogations existentielles – sont traitées avec une légèreté burlesque et farces-que.

« Un château en Italie » a l’élégance de l’oxymore et, par là-même, a la délicatesse de nous « presse[r] de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer », si l’on ose appliquer le mot du Figaro de Beaumarchais, pré-révolutionnaire en puissance, à cette famille de nantis italiens, croquée ici sans complaisance.

 Valeria Bruni-Tedeschi, si elle fait un cinéma de l’entre-soi, a l’intelligence de débusquer les travers du milieu dont elle est issue (les concierges du château et leurs remarques assassines écornent l’image de la famille).

Des scènes cocasses, mais une unité dramatique 

Louise, ex-actrice quadragénaire inadaptée à la vie sociale, vit en transit entre le château familial en Italie et son appartement parisien.

Ballottée entre un passé qui s’apprête à être remisé au prix de différents familiaux (il s’agit de se débarrasser du poids patrimonial que représente le château et des tableaux de maître du défunt père) et un horizon qui peine à se dessiner – son désir d’enfant est malheureusement contrarié par sa stérilité –, Louise fait la navette entre sa famille qui se délite en même temps que son frère atteint du sida, et son compagnon aussi dilettante qu’elle, de quinze ans son aîné (délicieux Louis Garrel en trentenaire taciturne et désopilant à la fois).

Il y aurait tant à dire sur cette pépite dramatico-burlesque, qui laisse affleurer l’émotion suscitée par le drame familial et intime pour tout de suite la désamorcer par le comique de situation. Au scénario, la grande sensibilité de Tedeschi et la maestria tragi-comique de Noémie Lvovsky, co-scénariste du film, font des étincelles.

article complet sur le nouvel obs

Bande Annonce avec sous-titres français pour les passages en italien

Bande Annonce version italienne

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